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LETTRE OUVERTE DU ROYAUME DU CAMBODGE À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

ដោយ៖ Morm Sokun ​​ | ថ្ងៃអាទិត្យ ទី២១ ខែធ្នូ ឆ្នាំ២០២៥ English ទស្សនៈ-Opinion 1037
LETTRE OUVERTE DU ROYAUME DU CAMBODGE À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE LETTRE OUVERTE DU ROYAUME DU CAMBODGE À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

Depuis le 7 décembre 2025, le Cambodge est la cible d’une agression militaire ouverte et délibérée des forces armées thaïlandaises le long de sa frontière occidentale. Il ne s’agit ni d’un incident isolé, ni d’un affrontement accidentel, ni d’une escalade incontrôlée. C’est une guerre planifiée, assumée et exécutée par l’État thaïlandais.
Des forces terrestres, aériennes et navales ont été engagées simultanément. Là où l’armée thaïlandaise avance, elle plante son drapeau sur le sol cambodgien. Les attaques frappent non seulement des positions militaires, mais aussi des civils, des infrastructures essentielles, des temples et des monuments historiques khmers. Face à ces faits, cinq vérités s’imposent.

1. Le Cambodge ne peut être l’agresseur
Petit pays par sa taille, ses moyens militaires et ses ambitions, le Cambodge n’a ni la capacité ni l’intention d’attaquer un voisin trois fois plus puissant. Le Cambodge a fait preuve de retenue et n’a cessé d’appeler à un règlement pacifique des différends frontaliers, depuis avant le premier affrontement armé jusqu’à l’acceptation du cessez-le-feu du 28 juillet 2025, et à la Déclaration conjointe pour la paix du 26 octobre 2025. Si le Cambodge avait réellement souhaité la guerre, pourquoi aurait-il consacré tant d’efforts, depuis 1998, à la reconstruction, à la réconciliation nationale et au maintien de la paix ?
2. Le droit est du côté du Cambodge
Pour parvenir à une délimitation frontalière complète fondée sur la paix, l’amitié et le développement mutuel, le Cambodge s’appuie sur les cartes et les traités frontaliers légalement établis et reconnus par la communauté internationale, notamment la Convention et le traité franco-siamois de 1904 et de 1907, ainsi que le Mémorandum d’accord de l’année 2000. La Thaïlande invoque des cartes unilatérales, fabriquées et reconnues par elle seule. Dans ces conditions, rien ne permet d’affirmer que le Cambodge ait eu l’intention de violer la souveraineté territoriale de la Thaïlande.
3. Le Cambodge choisit le droit, la Thaïlande choisit les armes
Lors des différends frontaliers de 1954, et de 2008 ainsi que lors des récents événements de juillet 2025, le Cambodge a constamment choisi de s’en remettre aux mécanismes juridiques et au droit international. Et la Cour internationale de Justice a tranché, en 1962 et en 2013, en faveur de la souveraineté cambodgienne sur Preah Vihear et ses abords. Il serait donc illogique et contraire à toute rationalité que le Cambodge renonce au droit pour se lancer dans une guerre d’agression contre la Thaïlande.
4. Le Cambodge sait ce que coûte la guerre
Marqué par deux guerres et un génocide entre 1970 et 1998, le Cambodge place la paix, la stabilité et le développement socio-économique au sommet de ses priorités nationales. Cet engagement a été reconnu par la communauté internationale, notamment par l’attribution du Prix mondial de la paix en 2021, du Prix de la paix pour l’humanité et la planète en 2024, ainsi que d’un prix de l’ASEAN en 2025. Il n’existe donc aucune raison pour laquelle le Cambodge chercherait à détruire une paix durement acquise en agressant un pays voisin.
5. La Thaïlande a déclaré et mené la guerre
Depuis la reprise des hostilités le 7 décembre 2025, les autorités thaïlandaises ont publiquement ordonné des opérations militaires de grande ampleur. Ces offensives s’étendent sur plus de 800 kilomètres de frontière terrestre, avec des incursions atteignant 80 à 90 kilomètres à l’intérieur du territoire cambodgien. Elles impliquent l’utilisation d’avions de chasse F-16 et Gripen, de bombes à sous-munitions, de drones armés, d’artillerie lourde, de roquettes à longue portée, de chars et de véhicules blindés, ainsi que le déploiement coordonné de forces terrestres, aériennes et navales.
Ces attaques ne visent pas uniquement des positions militaires. Elles frappent aussi, et surtout, des civils innocents, des routes, des écoles, des pagodes, des habitations, des camps de réfugiés, ainsi que des temples et monuments historiques khmers, dont certains sont classés au patrimoine mondial de l’humanité. Ces actes ne sauraient en aucun cas être qualifiés d’exercice du droit de légitime défense au sens du droit international ; ils constituent une agression armée caractérisée et délibérée contre la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume du Cambodge.
Le Royaume du Cambodge appelle solennellement la communauté internationale à nommer clairement cette agression, à faire respecter le droit international et à assumer ses responsabilités. Le silence, l’inaction ou l’ambiguïté ne feraient qu’encourager la violation du droit et la loi du plus fort. Il en va non seulement de la souveraineté du Cambodge, mais de la crédibilité même de l’ordre international fondé sur le droit.

(ដោយ ឯកឧត្តម តាន់ ហ្សង់ហ្រ្វង់ស័រ)

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